La seconde guerre mondiale
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La mission Helmsman

Une contribution décisive de la Résistance au succès de l'opération "Overlord" (juillet 1944)

Par André Debon



6 juin 1944 ! Les Alliés ont débarqué ! 

Malgré des pertes effroyables, l'opération de débarquement en Normandie occupée est un succès ; les Allemands ne sont pas parvenus à les rejeter à la mer. Les soldats s'accrochèrent solidement aux territoires conquis et progressèrent pendant un mois.

La Résistance y contribua à sa façon. Les résistants de la Manche, en raison d'une forte concentration des occupants, n'étaient pas organisés en maquis mais en petits groupes très mobiles, le plus souvent ignorés de la population et s'ignorant entre eux. On n'était jamais assez prudent. Presque tous exerçaient leur profession, couverture apparente les protégeant plus ou moins dans leurs actions de harcèlement des troupes d'occupation, et d'information de la population. Les arrestations, exécutions, déportations, venaient périodiquement réduire leurs rangs tout aussitôt reformés. 

Ce 6 juin, ils sont préparés à l'action, après avoir reçu les messages de Londres. Tout est en place et se déroule comme prévu : 

Application des plans Violet, Vert et Tortue, la nuit même du débarquement. C'est ainsi qu'avec le groupe Brecey du sud de la Manche, je participai à la destruction de la ligne téléphonique qui reliait la Bretagne à l'Allemagne (26 câbles). Elle ne fut jamais remise en état !

Multiplication des obstacles que les Allemands rencontrèrent pour rejoindre le front : pose de plastic, coupures de routes, abattages d'arbres, pose de crève-pneus, sabotage des lignes ferroviaires, allaient se poursuivre jusqu'en juillet. Ainsi, partie de Bretagne, la 275e Division allemande arriva sur la ligne de front trop tard pour participer au rejet des troupes alliées.

Mais, début juillet, un mois après le débarquement, les Allemands reçurent enfin les moyens de bloquer l'avance alliée. Le front se stabilisa suivant la ligne Periers - Saint-Lô - Ouistreham. 

Déjà bien implanté dans la région (avec Claude de Baissac, en Mayenne et Renaud-Dandicole, dans le Calvados), le S.O.E. britannique décide alors d'intervenir.

A la suite de contacts entre l'interrégional F.T.P.F. Louis Pétri et Claude de Baissac, une série de parachutages d'armes à Fougerolles-du-Plessis, en Ille-et-Vilaine, à partir du 28 juin, est venue renforcer notre capacité d'intervention. J'étais alors intégré au groupe de Saint-Hilaire-du-Harcouët, depuis le 12 juin. Notre activité se trouvait grandement améliorée par ces armements parachutés. Il y avait, à cette époque, en Manche-sud, une quarantaine de groupes représentant environ 500 résistants. Aussi les actions se multiplièrent, retardant considérablement les troupes allemandes constamment harcelées ou attaquées. 

Toutefois, l'apport essentiel du S.O.E. résida dans la mise en place de la Mission Helmsman. 

Cette mission allait être organisée selon les exigences de Bradley et du général Patton. 

Ces officiers avaient pour objectif de percer le front, afin d'en finir avec "la guerre des haies" dans laquelle étaient enlisés les Alliés. Or, pour cela, ils manquaient d'informations suffisantes et valables sur les arrières allemands. 

Pour répondre à cet impératif, le S.O.E. décide de parachuter à Fougerolles, le 9 juillet, le capitaine John Bereford Hayes (nom de code Eric). 

Le 11 juillet au soir, mon groupe de Saint-Hilaire reçut, dans la grange où nous résidions, le capitaine Hayes en compagnie "d'Émile", notre responsable départemental F.T.P.F. Là, il nous expliqua ce qu'il attendait de nous : "L'état-major manque d'informations dans la région s'étendant jusqu'à 75 km du front. Je cherche des volontaires pour monter vers le front et arriver de l'autre côté avec le maximum d'informations. Vous choisisez votre chemin, vous observez tout ce qui peut présenter de l'intérêt : stationnement des troupes, concentrations, ouvrages de défense, convois qui montent, etc. Mais vous ne devez rien noter par écrit et n'avoir aucun document compromettant sur vous. ... Je vous donne deux mots de passe, à utiliser lorsque vous entrerez en contact avec les troupes américaines. 

Le premier est "Biarritz", que vous exprimerez verbalement au premier entretien, en demandant à être mis en contact avec le G 2 de la 1re Armée. 

Le deuxième mot de passe, je vous l'écrit sur un papier quelconque que vous conserverez avec vous. Dans le texte il y aura le mot "Cinq" écrit de ma main en toutes lettres".

Effectivement, m'étant porté volontaire, sur un papier que je lui présentai, "Eric" inscrivit : "Trente-cinq francs pour Bouboule".

Enfin, on remit à chaque volontaire des faux papiers réalisés à partir de documents et tampons dérobés aux administrations allemandes. 

Sept volontaires se présentèrent spontanément. Pour ma part, après concertation avec Jacques Navier, nous décidâmes de partir ensemble, dès que possible. Nous étions tous deux devenus des professeurs rejoignant leur poste à Cherbourg. 

"Eric" devait continuer son travail de mobilisation de résistants jusqu'au 20 juillet. Hébergé jusqu'à fin juillet à la ferme des Hersandières, chez Émile Bagot, aidé par une jeune fille résistante, Andrée Blandin, qui assurait l'essentiel des déplacements, il avait aussi l'assistance de Julien Lamanilève (adjoint "d'Émile"), chargé de veiller en particulier à sa sécurité. Tous les rendez-vous avec les volontaires étaient organisés à l'extérieur de la ferme. La prudence s'imposait !

Il mobilisa une cinquantaine de volontaires dont 31 partirent assez vite pour tenter la percée : 26 allaient réussir. 

C'est ainsi qu'après le départ de trois équipes de Saint-Hilaire-du-Harcouët, deux jeunes partent d'Avranches le 15 juillet, quinze volontaires de la région le 17, deux de Juvigny le 19 et six autres le 20 juillet. 

Notre parcours (Navier - Debon)

Pour notre part, Jacques et moi, après avoir bien étudié notre trajet sur la carte, nous sommes partis dès le 12 juillet vers Saint-Laurent-de-Cuves où nous avons passé notre première nuit chez ma mère. Toujours à pied, nous avons rejoint Gavray, Hambye. La densité des troupes augmentait et nous étions soumis à des contrôles de nos faux papiers, de plus en plus fréquemment. Heureusement, personne ne s'aperçut que nous étions chaussés de chaussures anglaises parachutées à Fougerolles. 

Le 14 juillet, nous reprenons notre marche en direction du front. Les risques augmentent au fur et à mesure de notre avancée près des lignes. Fatigués, mal rasés, allant à contre-courant des civils fuyant le front, nous passons difficilement inaperçus. 

Comme nous avions recueilli suffisamment d'informations, il devenait impératif pour nous de traverser les lignes coûte que coûte. C'est alors que Jacques se souvient qu'il a des amis sûrs à Coutainville, sur la côte (monsieur et madame Palluaut).

Nous bifurquons et sommes merveilleusement accueillis par ces amis. Havre de paix après les 80 - 90 km parcourus à pied. Nous sommes très rapidement mis en rapport avec Maurice Lecrosnier, propriétaire d'un "doris" et qui a déjà opéré des "passages" de la ligne de front.

A minuit, le 17 juillet, nous sommes six (dont deux Américains) dans le doris et nous quittons le sol occupé. Lecrosnier s'éloigne de la côte puis met le cap au nord.

Chacun rame à son tour ; ceux qui ne rament pas et ne sont pas malades doivent écoper, en raison d'une forte tempête qui s'est levée et nous "arrose" copieusement. Quand le jour se lève, la visibilité reste très réduite. C'est dur mais excellent pour notre sécurité.

Enfin, à midi, nous posons le pied sur le sol de la région de Portbail. Heureux d'avoir réussi mais aussi de nous retrouver en terre libre.

Encore une marche d'une heure et nous sommes conduits au bureau des "Civil Affairs", où nous nous présentons, détaillant notre mission et déclinant le mot de passe "Biarritz". Nous demandons le contact avec le G 2 de la First Army. 

Le coup de téléphone est positif, puisque aussitôt nous sommes invités à monter dans une Jeep et nous partons vers l'état-major à Isigny. A Saint-Sauveur-le-Vicomte, une Jeep de l'état-major vient nous recueillir et nous sommes alors confiés au caporal Oward qui restera notre garde vigilant. 

En route vers Isigny, nous plongeons dans la machine de guerre américaine avec tout son matériel sophistiqué : très différent des convois allemands et des moyens dont dispose la Résistance !

Le séjour à Isigny (état-major)

Oward nous conduit à la ferme de Jean Picot, un résistant de Neuilly-la-Forêt, où nous serons hébergés. Mais avant même que nous ayons pu nous reposer et dormir, nous sommes appelés par "le Colonel". 

Le colonel Runkle nous reçoit avec beaucoup de cordialité. Après les premiers échanges : mots de passe, spécimen d'écriture d'Eric, description photographique d'Eric, nous allions participer à un premier échange de trois heures. 

Après quoi, nous pourrons enfin aller dormir, après 24 heures de veille, d'émotions fortes et de fatigue intense. 

Le lendemain, 19 juillet, l'interrogatoire systématique s'engage et va durer jusqu'au 21 au soir. Avec le Colonel, nous passons en revue tous les détails de notre parcours : lieux, observations notées mentalement. Nous en profitons pour faire part au Colonel de nos avis personnels sur les bombardements des villes, le manque de liens entre Résistance et Alliés, etc. Nous allions aussi insister sur la faiblesse de la présence allemande dans le sud du département (hormis les dispositifs côtiers), la pauvreté de leurs dispositions défensives, exception faite d'un mirador à Reffuveille et de quelques trous individuels sur certaines routes. Quant aux convois, nous avons décrit ces défilés de voitures à cheval réquisitionnées dans les fermes, le peu de camions disponibles, ainsi que le rôle de la Résistance expliquant la lenteur de leurs déplacements et les pertes infligées. 

Peu à peu, la notion d'une coopération entre l'armée alliée et la résistance locale trouve sa place puis devient le sujet essentiel après la définition et la précision des points à bombarder. 

Le 21 juillet, le colonel Runkle nous apprend qu'une centaine de bombardiers sont intervenus sur les lieux que nous avions indiqués, au nord de Camprond. 

Les autres passages

A partir du 21 juillet, les autres équipes arrivent, venant calmer notre inquiétude : 

André Parsquier et Emile Bazin, également du groupe de Saint-Hilaire. Nos deux amis étaient tombés sur l'unité Panzer, la "Das Reich" de von Choltitz (ou du moins ce qu'il en restait), qui s'était rendue tristement célèbre à Tulle et à Oradour. Arrêtés, ils ont réussi à s'évader le 20 juillet, à la faveur d'un bombardement allié et ont alors poursuivi leur route. Leur témoignage confirma au colonel Runkle, en grande partie, ce que nous avions nous-mêmes rapporté.

Jean Vauzelle et Willy Rockers, d'Avranches, après une montée très mouvementée, réussirent aussi à s'évader de Saint-Lô où ils étaient emprisonnés. Mais ce n'est que le 21 qu'ils purent franchir le front.

John Letellier et Robert Delanée ont été recrutés par L. Pinson, un des responsables F.T.P.F. de la Manche, responsable du groupe de Brecey. Partis le 17 juillet, ils arrivent à Saint-Lô dès le 19 juillet mais ne peuvent franchir les lignes que le 22 juillet, à l'embouchure de la rivière Ay, près de la côte.

Bernard Yvon, Jean Painsec et Michel Huaux, résistants de Cerences, partis le 19 juillet, réussissent le passage, au même endroit, le 26 juillet.

Roger Monnerie et Armand Guillarmic, deux instituteurs de Juvigny-le-Tertre, sont partis le 20 juillet et ont rejoint les Américains le 27. 

Victor Pelé a fait sa traversée, jusqu'à Saint-Lô, tout seul.

André Rouault et Mariette Rabecq sont passés le 28 juillet.

La réussite de la mission

Durant toute cette période, les interrogatoires face au colonel Runkle se succèdent sans relâche. Le colonel est visiblement étonné du tableau dressé par les résistants de cette zone sud. 

Il se confirmait que les arrières allemands étaient, actuellement, très faiblement occupés, sauf sur les côtes où l'essentiel de la garde des bords de la Manche était assuré par des groupes de Georgiens ou des hommes de l'est de l'Europe. 

Les troupes qui passaient et montaient vers le front étaient, en général, fort mal équipées en moyens de transport : peu de camions, convois de charrettes à cheval qui progressaient lentement la nuit et stationnaient à l'abri des pommiers, dans les fermes, dans la journée. 

Les fortifications étaient inexistantes dans les collines, sauf sur les côtes. 

Les Allemands ne stationnaient pas dans les villes et évitaient d'y passer, prenant les petites routes. Les bombardements alliés ne causaient que des pertes civiles et, même, désorganisaient la Résistance (à Avranches, par exemple). 

Une aide judicieuse à la résistance viendrait renforcer leurs actions, l'utilisation des mines et des crève-pneus causant des dégâts considérables aux troupes de renfort montant vers le front. 

Dans le développement d'une offensive et d'une prochaine avance américaine, la prise de contact avec les groupes locaux de résistance serait essentielle : 

- Pour le renseignement : connaissance du terrain et de la présence des troupes allemandes, aide à la population. 
- Pour le guidage des avant-gardes américaines. 
- Pour détecter les groupes isolés et les réduire. 

Le colonel Runkle, très vite persuadé de l'utilité de cette participation, en fit part à Patton et à son état-major. Dès lors, les officiers admirent qu'une collaboration avec la Résistance s'imposait (ce qui n'était pas une évidence au départ).

Américains et résistants dans la percée d'Avranches

Le 25 juillet, Bradley et son état-major sont ainsi convaincus que la concentration des troupes et les ouvrages défensifs, du côté allemand, sont très faibles et que le plan de percée "Cobra" peut être mis en application. 

Peu après midi ce jour-là, à Neuilly, nous voyons passer les 2.250 avions en direction de Marigny. Ils sont partis tapisser de bombes le rectangle de 7 x 3 km qui va être la clef de la réussite de la percée de Marigny car l'unité de von Chotitz qui est là est pratiquement anéantie. 

Dès le 26, la progression commence et le 27, c'est la ruée vers Coutances et vers le sud : Avranches et Granville sont prises dès le 30. Sept divisions se précipitent sur le pont de Pontaubault, sur la Sélune, et le traversent en 72 heures. 

C'est alors que von Klüge exprime son pessimisme à l'état-major allemand : "Les terroristes se montrent de plus en plus audacieux, ce qui, avec la perte de nombreux postes de radio, rend de plus en plus difficile l'exercice du commandement". Il avait aussi ordonné au colonel Bacherer : "Il faut que vous repreniez Avranches à tout prix !". Ce fut l'échec !

Ainsi, cette percée de Patton fut le point de départ de la reconquête de la France.

Demandée par l'état-major, la collaboration entre l'armée alliée et les résistants va s'intensifier. 

Tout de suite Jean Vauzelle et Willy Rockers avaient été associés à la 28th Division et ils participèrent aux opérations à Villebaudopn puis au nord de Vire, jusqu'à Domfront. 

Michel Huaux fournit les plans du bois de Buron aux premières patrouilles, qui feront 17 tués et 12 prisonniers dans cette forêt. Un peu partout, à Percy, Sautchevreuil, Villedieu-les-Poêles, Brecey, Avranches, etc., les opérations de coopération entre les troupes américaines et les résistants se multiplient et s'avèrent d'une grande efficacité. 

Cette osmose aura des répercussions sur tout le territoire français à libérer. Pour ma part, tandis que Navier était déjà affecté à une unité française, je me trouvais à Brecey, au siège de notre groupe de résistance, lorsque le caporal Oward vint me "réquisitionner" pour aider le 109th Infantry Regiment qui, à Saint-Sever, rencontrait quelques difficultés de communication avec les Français. C'est ainsi que je vais me retrouver, le 8 août, dans la 28e compagnie du 109th Regiment, affecté au peloton de reconnaissance. 

Après le gros travail de réduction de la poche de Falaise, la descente des Champs-Élysées à Paris, ce fut la traversée rapide du nord et du nord-est de la France, jusqu'en Allemagne. Là, je quittai l'armée américaine ; ne connaissant pas l'allemand, je n'étais plus utile aux missions de reconnaissance, comme en France. Je poursuivrai mes actions à la Rochelle, dans une unité française. 

L'utilité de la mission

Le 31 juillet 1944, aux environs de Saint-Lô, le colonel Powels reçoit la visite de Julien Lamanilève, le résistant en charge d'Eric à la Mancellière. Voici ce que le colonel déclare à Julien : "Sans vous, villes et villages auraient été systématiquement bombardés. Les renseignements ont été d'une valeur inestimable ; ils ont épargné des centaines de vies de soldats américains et nous ont permis d'avoir plusieurs jours d'avance sur le plan prévu". 

Dans l'attestation qu'il a adressée à Julien, après guerre, J.B. Hayes (Eric) a exprimé comme suit l'opinion du haut-commandement allié : "La mission fut considérée par le haut-commandement allié comme un succès complet. Elle contribua à la réussite de la trouée de Marigny, le 25 juillet, la percée victorieuse de Patton sur Avranches, le 31 juillet et Rennes le 3 août".

Dans son livre : S.O.E. in France, écrit en 1986, l'Anglais M.R.D. Foot a témoigné de ce qu'avait réalisé J.B. Hayes (Eric) : "En 10 jours, il avait réuni 30 volontaires pour faire le travail. Presque tous s'arrangèrent pour s'infiltrer à travers les lignes, apportant les messages et les informations sur les dispositions prises par l'ennemi. En un mois, son travail fut achevé : l'armée américaine le jugea de valeur exceptionnelle" (S.O.E. in France, pages 408-409).

Dès 1969 (6 juin), le Daily Telegraph Magazine, hebdomadaire britannique, a évoqué en ces termes la Mission Helmsman : "Mais les troupes avaient besoin d'informations, chaque jour, chaque heure, sur ce qui se passait derrière les lignes, si les Allemands recevaient des renforts et de quelle nature. Cette information vitale fut fournie, dans une grande mesure, grâce à Baissac et à Hayes (Eric). Trente-trois "courriers" clandestins tentèrent la traversée des lignes entre Coutances et Saint-Lô et 26 d'entre eux atteignirent les postes avancés américains".

En 1984, lors du quarantième anniversaire du débarquement, à Caen, l'Américain Bradley F. Smith appréciait comme suit le rôle de la Résistance française lors de la Libération : "La Résistance française prouva qu'elle pouvait considérablement aider l'armée de libération, tout d'abord en coupant les voies de communication utilisées par les Allemands pendant la première phase de la bataille, puis en apportant des informations et un soutien tactique opérationnel au moment de la percée des lignes ennemies, à la fin du mois de juillet 1944... Cette mission a, semble-t-il, permis de convaincre les autorités militaires qu'une coopération tactique avec la Résistance était à la fois bénéfique et réalisable" (Normandie 44, François Bédarida, page 111).

En France, la Croix de Guerre fut remise aux participants de la mission Helmsman, en 1946. A partir de cette date, quelques articles parurent dans la presse locale, à ce sujet. En 1994, en commémoration du cinquantième anniversaire, une plaque fut scellée à Neuilly-la-Forêt pour pérenniser la mission Helmsman. 

Un certain nombre de directeurs et d'enseignants de lycées et de collèges sollicitèrent les interventions et les témoignages des survivants pour cette commémoration de la Mission. 

Et, en 1994, Bradley F. Smith s'étonnait aussi qu'en France, la reconnaissance de l'action et de la valeur de la Résistance française ait si peu de place dans l'histoire de la libération du sol français.

Les résistants étaient bien des hommes de l'ombre : cela me fut confirmé au moment de ma mise à la retraite. J'ai appris à ce moment-là que j'étais considéré comme "déserteur" en raison de mon "séjour" dans l'armée américaine !

© Anovi - 2003