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L’histoire
des femmes dans les transmissions : Par
le général de division Damien Bagaria
Les spécialités dans lesquelles elles furent formées (radio, téléphoniste, télétypiste, radio/secrétaire d'analyse) n'étaient pas spécifiques au personnel féminin. A l'issue de leur formation, ces jeunes filles ont été immédiatement engagées, au niveau corps d'armée et supérieur, sur le théâtre d'opération en Tunisie (mars 1943). Environ cent cinquante d'entre elles servirent comme radios et télétypistes à Tebessa, Sfax, Sousse, Elba Ksour, Le Kef… Puis ce fut la participation au sein du corps expéditionnaire d'Italie (C.E.F.) à la campagne d'Italie. La compagnie 807/1, le détachement d'écoutes 808 et le détachement transmissions 805 auprès du général commandant en chef, débarquent à Naples et progressent, avec les forces françaises du général Juin, de Monte Cassino, du Garigliano à Rome pour atteindre Sienne. C'est dans cette ville qu'elles participeront au défilé du 14 juillet 1944. Le 9 août de la même année, c'est le rembarquement à Tarente sur la côte adriatique et le 16 août, la compagnie 807 débarque à Saint-Tropez. Le sud de la France est foulé, la campagne de France s'engage. Une autre compagnie, la 827/1, va participer également à l'épopée de l'armée aux ordres du général de Lattre de Tassigny. De la Provence à Strasbourg, puis après le franchissement du Rhin, c'est l'avancée vers Sigmaringen., Après l'armistice, les unités de transmissions du C.F.T. s'arrêtent définitivement à Insbrück le 9 juillet 1945. Simultanément, elles participent à l'armement de tous les centres fixes en A.F.N. et en France libérée. Les effectifs sont importants, au 1er mars 1944 ils atteignent 2.000 pour l'armée de terre et 400 pour l'armée de l'air. La valeur de leur engagement est souligné par le général Carpentier, chef d'état-major du C.E.F. : "dans des circonstances extrêmement dures le personnel féminin des transmissions a été admirable" et par le général de Lattre de Tassigny : "les volontaires féminines de la 1re Armée (...) ont fait preuve d'un dévouement souriant, d'un zèle sans défaillance, certaines même d'un héroïsme magnifique. Elles peuvent être fières de la part qu'elles ont prise à notre victoire". Enfin, une cinquantaine de ces jeunes femmes a été sélectionnée, formée et entraînée comme "opératrices radio" pour servir dans la clandestinité en France occupée. Leur instruction technique comportait en particulier un saut en parachute, cela mérite d'être souligné. Cinq d'entre elles ont fait le sacrifice de leur vie, Elisabeth Torlet fusillée le 6 septembre 1944 près de l'Isle-sur-Doubs, Marie-Louise Cloarec, Pierrette Louin, Eugénie Djeni et Suzanne Meritzien exécutées le 18 janvier 1945 au camp de Ravensbrück. Certes, les conditions de sélection, de gestion, de vie, de comportement et les structures (pas de mixité) étaient distinctes de celles des hommes, mais ce n'était que le fait des règles de la société de l'époque où, il ne faut pas l'oublier, les femmes n'avaient pas encore le droit de vote. Ce modeste article, j'ai voulu l'écrire pour montrer que les transmissions sont, au sein de l'armée de terre, l'arme de la tradition pour la reconnaissance des compétences, du courage moral et physique des femmes. Il faut cultiver ce passé et surtout affirmer notre admiration devant ces jeunes femmes qui en 1942 se sont engagées au service de la France. Qu'elles soient des modèles pour nos jeunes compagnons d'arme féminines et, surtout, que leur souvenir permette de combattre la "bêtise" de certains qui n'ont toujours pas compris que les femmes ont toute leur place dans notre armée de terre professionnelle. Cet article a été écrit à partir du document "les femmes dans l'arme des transmissions" (général Merlin, mars 1947) et des témoignages de Paulette Vuillaume, Renée Dhyser, Georgette Aubignac, Mauricette Heins, Simone Benhaim, qui furent des "Merlinettes" dont il reste à écrire le livre de leur histoire. Note :
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© Anovi - 2004