La seconde guerre mondiale
Les biographies

 

Jean CALLIES

(7 août 1896 - 23 mars 1986)

Par Éric Labayle



Fils d'Alexis Callies, officier d'artillerie (voir sa biographie), Jean Callies est né le 7 août 1896 à Relecq-Kerhuon, dans le Finistère. Ce lieu de naissance est un hasard, car sa famille est de souche savoyarde (d'Annecy).

Tenté de bonne heure par la carrière militaire, il entre au service en août 1914, en souscrivant un engagement au profit de l'École Spéciale Militaire de Saint-Cyr. Il appartient ainsi à la célèbre promotion de la Grande Revanche, dont la moitié des élèves tombent pendant la Grande Guerre. Après quelques mois d'instruction élémentaire, il rejoint le front en janvier 1915 comme officier d'infanterie (341e R.I.). Très vite, il se fait remarquer par son audace et son comportement au feu. Au fil des combats, il se spécialise dans l'organisation de coups de main dans les lignes allemandes. Il consignera cette expérience dans un livre paru après la guerre : "L'Art de faire des Prisonniers" (réédité en 1940). Après avoir servi quelque temps sur le front italien, il participe avec son nouveau régiment (le 113e R.I.) à la campagne de France (août - novembre 1918). Lorsque l'armistice est signé, il a le grade de capitaine et la croix de chevalier de la légion d'honneur... à 22 ans.

La paix revenue, comme tous les élèves de la Grande Revanche, il est contraint de retrouver les bancs de l'école, pour boucler sa scolarité saint-cyrienne, bouleversée par la guerre. Le guerrier qu'il est devenu doit apprendre la théorie de la guerre... L'officier qui a gagné ses galons sur le champ de bataille doit reprendre le b-a-ba de son métier... Le 14 juillet 1919, faisant partie des élèves les plus décorés de l'école, il est membre de la garde au drapeau de Saint-Cyr pour le défilé de la Victoire. 

A partir de 1921, il combat en Syrie et en Cilicie. Il participe notamment au siège d'Aïn Tab et reçoit une blessure à l'épaule lors du combat du pont du Sadjoun, en mars 1920. De retour en métropole en 1922, il suit les cours de l'École Supérieure de Guerre, dans la même promotion qu'un certain Charles de Gaulle. De 1924 à 1935, il fait campagne au Maroc, alternant les emplois en état-major et les commandements en corps de troupe. En 1935, il est professeur de tactique générale à l'École Supérieure de Guerre. Il y a notamment comme élève le capitaine de Hautecloque, futur général Leclerc, qui lui témoigne une réelle admiration.

En 1939-1940, il est lieutenant-colonel et officier d'état-major dans une division d'infanterie (la 20e D.I.) puis dans un groupe d'armées (chef du 3e bureau de l'état-major du Groupe d'Armées n° 4). Il se fait affecter au Maroc après l'armistice, pour rejoindre le 7e R.T.M. En janvier 1941, il prend la tête du 8e R.T.M.. Il le réorganise de fond en comble et en fait l'une des plus belles composantes de l'Armée d'Afrique. 

Désigné pour créer l'école de Cherchell-Médiouna en novembre 1942, il y favorise l'adoption de nouvelles techniques d'enseignement qui marquent la naissance de l'instruction militaire moderne. Après avoir dirigé une promotion d'élèves-aspirants, il quitte Cherchell en mai suivant, pour rejoindre la 2e D.I.M. comme commandant de l'infanterie. Avec elle, il fait toute la campagne d'Italie, de novembre 1943 à juillet 1944. Il obtient ses étoiles de général de brigade quelques jours avant le défilé victorieux du C.E.F. à Sienne. De cette époque, il restera lié par une profonde et respectueuse amitié avec le général Juin.

Fin 1944, il est gouverneur militaire de la frontière des Pyrénées, à Toulouse. Dans ces provinces frontalières et agitées, le général de Gaulle a besoin d'un homme d'expérience à la forte personnalité. Sa mission accomplie, les marges sud de la France sécurisées et pleinement rétablies dans la légalité, le général Callies prend ensuite le commandement de la 1e D.I., avec laquelle il entre en Allemagne en mai 1945.

En février 1946, il crée l'École d'Application de l'Infanterie à Auvours, avant d'être nommé gouverneur militaire de la Sarre (janvier 1948). En avril 1950, il revient en Afrique du Nord pour prendre la tête de la 10e Région Militaire (Alger).

Il devient général d'armée en septembre 1954, inspecteur général des forces terrestres, maritimes et aériennes d'Afrique du Nord, siégeant au Conseil Supérieur de la Guerre (depuis 1951). Il passe dans le cadre de réserve trois ans plus tard.

Il consacre les dernières années de sa vie à entretenir le souvenir de l'Armée d'Afrique, dont il fut l'un des plus grands chefs. Président fondateur du Comité pour le Souvenir de l'Armée d'Afrique, il oeuvre pour l'érection d'un monument commémoratif à Saint-Raphaël, puis pour celle d'une statue du maréchal Juin à Paris.

Le général Jean Callies décède le 23 mars 1986. Il était grand-croix de la légion d'honneur, décoré de la médaille militaire par le maréchal Juin et titulaire de 23 citations sur ses croix de guerre (croix de guerre 1914-1918, 1939-1945 et T.O.E.).

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