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Danielle CASANOVA (9 janvier 1909 - 9 mai 1943) par Éric Labayle
Son engagement politique est précoce, puisqu'elle est encore étudiante lorsqu'elle adhère à une organisation communiste, l'Union Fédérale des Étudiants, dont elle devient l'un des dirigeants. C'est également comme militante du Mouvement de la Jeunesse Communiste qu'elle assiste en 1938 au Congrès Mondial pour la Paix, à New-York. Mais son action politique se double d'un militantisme féministe. Elle participe à la fondation du mouvement des Jeunes Filles de France et prend position pour une nouvelle place des femmes dans la société française. Après 1945, Jeunes Filles de France deviendra l'Union des Femmes Françaises. La guerre et l'interdiction du P.C. la conduisent une première fois vers la clandestinité. Travaillant avec la direction clandestine du parti, elle diffuse avec Victor Michaut la propagande communiste dans l'armée et collabore au journal Le Trait d'Union. En juin 1940, l'avance de l'armée allemande la contraint de se réfugier à Toulouse avec son équipe. Elle rentre à Paris après la défaite et rejoint la résistance. Elle prend part à des manifestations contre l'occupant dès le 8 novembre 1940 (après l'arrestation du professeur Paul Langevin), puis le 14 juillet 1941. Elle joue également un rôle dans l'organisation des groupes armés communistes (futurs F.T.P.F.). A partir des dernières semaines de 1940, elle poursuit une activité éditoriale clandestine, en relation avec des philosophes, des scientifiques et des écrivains. Elle collabore notamment aux journaux L'Université Libre et La Pensée Libre. Très vite, elle tourne son action vers les femmes seules (épouses de prisonniers, veuves, etc.) et organise avec elles plusieurs manifestations, pour réclamer le retour des prisonniers de guerre. Dans le cadre de sa prise de position en faveur des femmes dans la résistance, elle publie la Voix des Femmes et se trouve à l'origine de la création des Comités Féminins de la Résistance. Danielle Casanova est arrêtée par la police le 14 février 1942, puis livrée à la Gestapo et torturée. Jusqu'en prison, à Fresnes puis à Romainville, elle poursuit son combat, en organisant des manifestations de détenus. La formule qu'elle écrit en captivité résume la force de ses convictions et sa foi dans son combat : "Je suis heureuse, de cette joie que me donne la haute conscience de n'avoir jamais failli". Elle est ensuite déportée à Auchwitz, où elle arrive fin janvier 1943. Elle y sert à l'infirmerie du camp comme chirurgien-dentiste, avant de mourir du typhus à 34 ans, le 9 mai 1943 (certaines sources mentionnent le 10 mai). |
© Anovi - 2003