La seconde guerre mondiale
Dictionnaire biographique

 

Eduard DIETL

(21 juillet 1890 - 23 juin 1944)

par Éric Labayle



Eduard Dietl est né à Bad Aibling, en Autriche, le 21 juillet 1890. Son père est fonctionnaire des finances.

En 1909 peu après avoir obtenu son baccalauréat à Rosenheim, il s'engage dans l’armée bavaroise (au 5e régiment d’infanterie bavaroise). Il devient lieutenant en 1911 et termine la première guerre mondiale comme commandant de compagnie. 

Contrairement à beaucoup de ses camarades, la fin du conflit ne met pas un terme à sa carrière. Sous l'influence d'Ernst Röhm, il adhère vite au parti nazi, dont il participe au service d'ordre. Il est colonel en 1935 et prend la tête du 99. Gebirgsjäger Regiment. Après l'Anschluss, il est nommé Generalmajor et reçoit le commandement de la 3. Gebirgsjäger Division. Il est alors devenu un spécialiste reconnu des troupes de montagne. Très apprécié par ses hommes, il est surnommé "Büffel" (le buffle). 

Il est nommé Generalleutnant en avril 1940 et prend la tête du Corps de Montagne, qu’il dirige lors de la campagne de Norvège. C’est là que commence sa popularité, lorsqu’il s’illustre devant Narvik. Son action lui vaut la promotion au grade de General des Gebirgs Truppen en juillet 1940, ainsi que, le 19 juillet, l’attribution de la croix de chevalier de la croix de fer avec feuilles de chêne, dont il est le premier récipiendaire.

Personnage atypique, sportif et attachant (son uniforme alpin, sa silhouette dynamique et son visage buriné ne sont pas étrangers à sa popularité), il devient vite un sujet de propagande, abondamment photographié. Le 1er janvier 1942, il reçoit le commandement de la 20e Armée de Montagne, au nord de la Norvège. En juin suivant, il est nommé Generaloberst. 

Il semblerait qu'au delà des clichés, le général Dietl ait lui aussi commis un certain nombre d'exactions. En Norvège, puis à nouveau en Finlande, il aurait ordonné (ou laissé faire) l'exécution de plusieurs centaines de prisonniers de guerre. 

Il meurt à Graz dans un accident d’avion le 23 juin 1944. Le 1er juillet, les épées lui sont accordées sur sa croix de chevalier, à titre posthume.

© Anovi - 2003