La seconde guerre mondiale
Les biographies

 

Jean-Renaud DANDICOLLE

(8 novembre 1923 - 7 juillet 1944)

Par Agnès Granjon



Originaire de Bordeaux, où il est né le 8 novembre 1923, Jean-Renaud Dandicolle est encore lycéen au moment de la défaite française de mai-juin 1940. Après son baccalauréat, le jeune homme, qui se destine à la profession d’avocat, s’inscrit à la faculté de droit de l’université de Bordeaux. Mais il ne peut rester impassible face à l’occupation allemande. Il rejoint bientôt la résistance bordelaise, au sein d’un groupe affilié au S.O.E. (Special Operation Executive). 

Dans un premier temps, Dandicolle récolte des informations sur la situation dans sa région, qui sont destinées à être envoyées en Angleterre. En 1943, il quitte définitivement l’université, se consacrant désormais exclusivement à la résistance. A la suite d’une trahison, il doit se réfugier à Paris. Il est ensuite évacué par les airs vers la Grande-Bretagne. En Angleterre, Jean-Renaud Dandicolle reçoit une formation militaire, puis il est nommé officier du S.O.E., devenant ainsi le capitaine John Danby dans l’armée britannique.

En janvier 1944, sous le nom de code René, il est parachuté en France. En février, le jeune officier prend contact à Paris avec un responsable de la résistance normande, Maurice Horvais. Dandicolle est à la recherche de sites propices pour des parachutages d’armes. Horvais le met en contact avec deux responsables d’Action P.T.T., Edmond Debeaumarché et Ernest Pruvost, qui sont réfugiés à Villebaudon, dans le département de la Manche. Par leur intermédiaire, Jean-Renaud Dandicolle fait la connaissance de Henri Leveillé, responsable des groupes d’Action P.T.T. pour le Calvados et pour La Manche. 

En septembre 1943, messieurs Le Nevez, Masseron et Lampérière forment l’embryon du futur maquis de Saint-Clair, au sud de Caen, entre Falaise et Condé-sur-Noireau, dans la région du bocage virois, près de Pierrefitte-en-Cinglais. Au printemps 1944, le maquis prend naissance par la fusion de quatre groupes de résistants de l’O.C.M. (Organisation Civile et Militaire) : les groupes de Barbery, Bretteville-sur-Laize, Cesny-Bois-Halbout et Pont-d’Ouilly. Les Alliés nomment le maquis de Saint-Clair le "Verger Circuit". La direction en est confiée à Jean-Renaud Dandicolle. A son initiative, des parachutages d’armes sont effectués en mai et juin 1944 dans le bois de Saint-Clair.

Le vendredi 7 juillet 1944, le drame survient. Dandicolle se trouve alors dans son P.C. de la ferme Grosclaude, sur le plateau de Saint-Clair, avec son radio Maurice Larcher, l’aspirant Foucu et un aviateur canadien recueilli par le maquis, le lieutenant Harry John Cleary. Vers 8 heures 30, les Allemands, qui semblent bien renseignés, investissent la ferme par surprise. Les maquisards défendent chèrement leur liberté, mais finissent par plier sous le nombre. Seul Foucu réussit à s’enfuir. Les fermiers, Georges et Eugénie Grosclaude, sont eux aussi arrêtés. Le lieutenant Cleary et Maurice Larcher sont achevés à coups de crosses et leurs corps abandonnés dans un champ voisin. Blessés, Jean-Renaud Dandicolle et les époux Grosclaude sont emmenés par les Allemands, qui incendient la ferme en partant. Leur mort ne fait malheureusement pas de doute, mais les dépouilles ne seront jamais retrouvées. Les maquisards rescapés de Saint-Clair poursuivront la lutte armée jusqu’à la libération complète de la région.

Le 4 décembre 1944, en présence des parents de Jean-Renaud Dandicolle, le roi d’Angleterre remet la Military Cross à titre posthume à "John Danby", pour actes de bravoure exceptionnels. En mémoire aux victimes de ce 7 juillet 1944, un monument est érigé en 1946 sur le plateau de Saint-Clair avec des pierres provenant de la ferme des Grosclaude. Au cours de son inauguration, la croix de chevalier de la Légion d’honneur est décernée à titre posthume au résistant Jean-Renaud Dandicolle.

Le jeune homme est également cité sur le monument aux morts de Saint-Germain-du-Puch, en Gironde, ainsi que sur le mémorial de Bayeux.

Si vous possédez des informations supplémentaires sur le maquis Saint-Clair, n’hésitez pas à nous les communiquer (contact@guerre-mondiale.org), ou bien à contacter l’association : 

Les Amis de Jean-Renaud Dandicolle
11, avenue de l’Entre-deux-Mers 
33370 Salleboeuf
Téléphone : 05 56 21 91 32
E-mail : claude.mounic@wanadoo.fr

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