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Josef MENGELE "L’Ange de la Mort" (16 mars 1911 - 7 février 1979) Par Agnès Granjon
Malgré le manque d’affection familiale, le jeune Josef qui est surnommé affectueusement "Beppo" par son entourage, est un garçon enjoué et intelligent. A l’école, bien qu’il ne soit pas en tête de classe, il est reconnu comme étant un élève ambitieux et brillant. Il est souvent complimenté par ses professeurs pour sa bonne conduite et sa ponctualité. En 1926, il est atteint d’ostéomyélite mais il se remet de la crise. Il devient un jeune homme charmant, à l’éducation raffinée ; soucieux de son allure, il prend l’habitude de ne porter que des vêtements taillés sur mesure et des gants de coton blanc. Très sociable, sûr de lui, orateur doué au sourire engageant, "Beppo" a alors beaucoup d’amis ; il est très prisé des jeunes femmes de Günzburg. Adolescent, Mengele entre en conflit direct avec son père Karl. Celui-ci souhaiterait en effet que son fils aîné vienne travailler dans l’usine familiale, peut-être comme comptable. Mais le jeune Josef a d’autres ambitions. Il rêve de quitter Günzburg et sa Bavière natale pour faire une grande carrière scientifique en anthropologie. En 1930, diplômé du Gymnasium de Günzburg, il passe l’Abitur, examen d’entrée à l’université. Ses résultats sont quelconques mais néanmoins suffisants pour lui permettre d’être accepté. Josef Mengele quitte ainsi Günzburg en octobre 1930 pour commencer ses études à l’université de Munich où il s’est inscrit en philosophie et en médecine. La capitale bavaroise est alors l’épicentre du mouvement national-socialiste. Menant jusqu’alors sa vie au gré de ses plaisirs, le jeune homme s’était peu intéressé à la politique. Il adopte cependant facilement l’idéologie nationale-socialiste. En partie par conviction : c’est un nationaliste convaincu qui déteste l’idéologie communiste. Mais aussi par ambition, car il est bien conscient que cela favorisera sa carrière. En mars 1931, il rejoint l’organisation des Casques d’Acier. A Munich, Mengele se concentre sur ses études d’anthropologie et de paléontologie autant que sur la médecine. L’aspect thérapeutique l’intéresse peu, mais il se découvre une véritable passion pour l’eugénisme, la recherche des causes génétiques des imperfections et des difformités humaines visant au perfectionnement de la race supérieure germanique. Il assiste notamment aux conférences du docteur Ernst Rudin, qui participera bientôt, à la demande de Hitler, à l’élaboration de la loi visant à la stérilisation des individus atteints d’une tare héréditaire. Pour cet universitaire non seulement certaines vies sont tout simplement indignes d’être vécues, mais il est de la responsabilité des médecins de supprimer de telles existences pour protéger la race supérieure. En janvier 1934, Mengele devient automatiquement membre des SA lorsque ceux-ci absorbent les Casques d’Acier. Une maladie des reins qui le laisse affaibli le contraint toutefois en octobre de la même année à quitter l’organisation. Il est désormais libre de consacrer la totalité de son temps à ses études. En 1935, il soutient avec succès devant l’anthropologue Theodor Mollison sa thèse intitulée "Examen morphologique de la partie antérieure de la mâchoire inférieure dans quatre groupes raciaux", dans laquelle il postule qu’il est possible d’identifier les différentes races humaines par l’étude de la mâchoire. En 1936, il passe l’examen d’État de médecin et commence à pratiquer, six mois durant, à l’hôpital universitaire de Leipzig. L’année 1937 marque un tournant dans sa carrière. Grâce à des recommandations, il est nommé le 1er janvier à un poste d’assistant de recherche à l’institut national-socialiste de recherche pour la pureté de la race à l’université de Francfort. Il y travaille sous les ordres du professeur Otmar Freiherr von Verschuer, chercheur eugéniste et ardent défenseur de la thèse de la supériorité de la race germanique. Mengele adopte lui-même très vite et sans retenue ces thèses racistes et eugénistes. Il éprouve pour le professeur une véritable adulation, celui-ci lui apportant une reconnaissance dont il a fortement manqué durant son enfance. Désormais, c’est avec une volonté de fer que Mengele défend les thèses de son mentor. En mai 1937, il demande à entrer au parti national-socialiste, dont il devient le 5.574.974e membre. Un an plus tard, en mai 1938, sa candidature d’entrée à la SS est acceptée (numéro 317.885). Mengele atteint ainsi une place importante au sein de la hiérarchie nationale-socialiste. En juillet 1938, il obtient son doctorat de médecine à l’université de Francfort avant de rejoindre la Wehrmacht en octobre, pour suivre durant trois mois son premier entraînement au combat, au sein d’un régiment d’infanterie légère de montagne. Il retourne ensuite à l’Institut où, en tant qu’assistant de von Verschuer, il révise les travaux des autres chercheurs. Il montre alors au cours de ses recherches un intérêt particulier à l’étude des jumeaux. A la déclaration de guerre en septembre 1939, galvanisé par l’espoir de combattre pour sa patrie, Mengele se porte volontaire pour le front. Mais en raison de son affection rénale, c’est seulement en juin 1940 qu’il est accepté dans la Waffen SS, en tant que membre du corps de réserve médical. Entre-temps, en juillet 1939, il épouse Irène Schoenbein. Envoyé dans un premier temps en France, il devient lieutenant en août 1940 puis est affecté en Pologne occupée au service généalogique de l’Office supérieur de la race et du peuplement. En juin 1941, lors de l’invasion de l’U.R.S.S., il est décoré de la Croix de fer de seconde classe pour le courage dont il a fait preuve sur le front d’Ukraine. En janvier 1942, alors qu’il a rejoint la division SS Viking comme médecin de bataillon, Mengele sort, sous le feu ennemi, deux soldats d’un char en flammes. Blessé, il reçoit pour cet acte de bravoure la Croix de fer de première classe ainsi que deux autres décorations. Ses blessures lui valent d’être déclaré inapte au combat. Il rentre en Allemagne. Après sa convalescence il est promu capitaine puis est nommé à la fin 1942 au quartier général de l’Office supérieur de la race et du peuplement à Berlin. Il y retrouve son mentor von Verschuer qui travaille au Kaiser Wilhelm Institut. En 1943, le capitaine Mengele se porte volontaire pour servir dans un camp de concentration. Il est alors affecté à Auschwitz-Birkenau, en Pologne occupée. Il arrive au camp le 24 mai 1943. Dès son arrivée, il se distingue des 23 autres médecins d’Auschwitz. D’abord parce qu’il est le seul à avoir été décoré pour sa conduite au front. Et il fait en sorte que cela se sache en arborant ses médailles et en faisant très souvent référence à son expérience du combat. Mais surtout, Mengele déploie immédiatement une énergie meurtrière et un zèle hors du commun. Face à l’épidémie de typhus qui vient de se déclarer dans le camp des Tziganes, il donne l’ordre en quelques jours d’envoyer à la chambre à gaz un millier de malades. Ce dont il est récompensé le 30 mai en étant nommé médecin-chef du camp des Tziganes. Quelques mois plus tard, en décembre 1943, il envoie à la mort de la même manière les 750 femmes du block 11 après qu’on lui a signalé que celui-ci était contaminé par les poux. L’année suivante, en 1944, son zèle lui vaut de devenir le médecin-chef d’Auschwitz. La nature totalement imprévisible de sa personnalité est son plus puissant instrument de pouvoir, tant sur les détenus que sur le personnel du camp. Son cynisme, sa cruauté, son sadisme lui valent d’être surnommé "l’ange de la mort". A l’arrivée des convois de déportés, Mengele est pratiquement toujours présent sur la rampe d’accès au quai. Il y contrôle personnellement le processus de sélection des nouveaux arrivants. Sanglé dans un uniforme impeccable, la casquette posée d’une manière désinvolte sur le côté, il se déplace avec aisance et élégance dans ses bottes noires bien cirées, un fin sourire aux lèvres, en sifflotant parfois un air d’opéra. Il semble prendre un plaisir évident à sa tâche. Dans ses mains gantées de blanc, il tient une badine avec laquelle il désigne chaque déporté, les dirigeant d’un seul mot : "droite" ou "gauche". D’un côté, ceux qui sont suffisamment valides pour travailler. De l’autre, les "inaptes", enfants, vieillards, femmes enceintes, qui sont immédiatement envoyés à la chambre à gaz. Au cours de la sélection, il peut se montrer rassurant voire même chaleureux avec les femmes et les enfants pour entrer dans une colère foudroyante l’instant d’après et massacrer ou abattre un ou plusieurs détenus. Un jour, après qu’une mère a égratigné le visage du SS qui tentait de la séparer de sa fille, Mengele les tue toutes les deux avant d’envoyer la totalité du convoi à la chambre à gaz, y compris ceux qu’il avait déjà sélectionnés pour le travail. Rescapé d’Auschwitz, monsieur Jacubert a assisté, le 3 août 1944, à la sélection d’un convoi en provenance de Drancy : Mengele donne ce jour-là l’ordre de jeter vivants les 300 enfants du convoi dans les fours crématoires. Un autre déporté, Annani Silovich Pet’ko, a été témoin de l’extermination, en présence du commandant Hoess et sous la supervision de Mengele, d’enfants et de bébés déversés vivants d’une dizaine de camions, directement dans des tranchés remplies d’essence enflammée. C’est également Mengele, selon le parquet de Francfort, qui organise l’utilisation à Auschwitz du Zyklon B, qu’il introduit parfois lui-même dans les chambres à gaz. Mengele effectue aussi une partie des sélections à l’intérieur du camp. Dans le camp des femmes, il ajoute au processus de déshumanisation de la sélection celui de l’humiliation, en interrogeant les détenues qui défilent nues devant lui sur les détails de leur vie sexuelle. Entre décembre 1943 et janvier 1944, il condamne ainsi 7.000 déportées à la chambre à gaz. Il s’occupe plus particulièrement de la sélection à l’hôpital. Les malades sélectionnés par ses soins sont envoyés à la chambre à gaz, parfois fusillés, mais aussi souvent tués par injections de phénol, de pétrole, d’Evipal, de chloroforme ou d’air dans la cavité cardiaque. Mengele réalise lui-même les injections ou en donne l’ordre à ses aides SS. En juillet-août 1944, il supervise la liquidation du camp de Tziganes, envoyant à la mort 3.000 personnes, tandis que 1.400 autres sont déclarées aptes au travail. Les fêtes juives sont l’occasion pour lui d’exterminer une partie des enfants du camp : au nouvel an juif, il décide ainsi de la mort de 328 enfants du secteur BII de Birkenau ; à Kippour, il fait gazer tous les enfants qui, faisant moins de 1,45 ou 1,50 mètre, passent en dessous de la barre de foot. Ils sont environ un millier. Entre-temps, Josef Mengele est devenu père : sa femme Irène met au monde leur fils Rolf le 11 mars 1944. A Auschwitz-Birkenau, Mengele consacre cependant l’essentiel de son temps à la mission que lui a confiée son mentor : effectuer des recherches en génétique humaine, cette fois sur des sujets vivants. Son travail est financé par une subvention que von Verschuer a obtenue du conseil de recherche allemand. L’objectif est de percer les secrets du génie génétique et de concevoir des méthodes pour éradiquer les gènes défaillants, en vue de créer une race germanique supérieure. Pour le médecin SS, les sélections sur la rampe d’arrivée sont l’occasion de trouver de nouveaux sujets pour ses expérimentations médicales. Les gardes qui l’assistent ont ordre de parcourir les lignes de déportés pour trouver plus spécialement les jumeaux, les nains, les personnes souffrant de malformations ou d’anomalies physiques, tandis que les haut-parleurs les appellent à se faire connaître. Ces cobayes humains sont détenus dans des baraques spéciales, surnommées "le zoo". Mengele concentre plus spécialement ses expériences sur les jumeaux. Surnommés dans le camp "les enfants de Mengele", ceux-ci disposent d’un traitement spécial : ils peuvent garder leurs cheveux ainsi que leurs propres vêtements, dorment dans de vrais lits, reçoivent des rations supplémentaires et Mengele donne des ordres stricts contre tout mauvais traitement. Non par humanité, mais pour garder ses spécimens en bonne santé pour ses expérimentations. Durant les 21 mois que Mengele passe à Auschwitz, environ 1.500 jumeaux lui servent de cobayes humains. Moins de deux cents y survivent. Les sujets de ses expériences sont presque toujours assassinés pour être disséqués, à supposer qu’ils aient survécus aux expériences elles-mêmes. Ces jumeaux sont en effet soumis à des examens, à des mesures et à des expériences en tout genre : prises de clichés photographiques, relevés d’empreintes digitales, observation de la racine des cheveux, Mengele note tout. De jeunes enfants sont placés dans des cages isolées et soumis à une grande variété de stimuli. Le médecin SS réalise aussi un grand nombre de manipulations sanguines, prélevant des échantillons de sang qu’il injecte d’un jumeau à un autre jumeau d’un groupe sanguin différent pour noter les réactions. Il inocule à d’autres des agents infectieux pour tester en combien de temps ils succomberont à la maladie. Il réalise des expériences sur la moelle épinière, sur les cordes vocales, opère sans anesthésie pour effectuer l’ablation de membres ou d’organes. Il tente à au moins une occasion de créer un cas de "siamois artificiels" en cousant ensemble les veines de deux jumeaux. Lorsqu’un jumeau décède, son frère ou sa sœur est voué à une mort certaine : Mengele ordonne une dissection immédiate de l’enfant assassiné pour établir "une autopsie comparée". Quant aux enfants dont il ne veut plus, il lui arrive de les conduire lui-même à la chambre à gaz, ce qu’il nomme "la promenade vers la cheminée". Les expériences de "l’Ange de la mort"portent également sur les rayons X, avec lesquels il stérilise un jour un groupe de religieuses polonaises, les brûlant très profondément. Sur la transplantation de moelle épinière. Sur la castration ou le changement de sexe. Sur la résistance à la pression, au froid ou au courant électrique par l’administration sur des détenues de chocs à haute tension. Au printemps 1944, il s’intéresse plus particulièrement à la couleur des yeux dans l’objectif de déterminer si elle peut être modifiée. Il injecte pour se faire des produits chimiques dans les yeux de ses cobayes, entraînant souvent la cécité. La plupart d’entre eux sont ensuite assassinés, leurs yeux étant prélevés et épinglés par Mengele au mur de son bureau. Il lui arrive également de disséquer des enfants vivants. Les échantillons de sang ainsi qu’une partie des organes prélevés sont envoyés à von Verschuer à Berlin avec les compte-rendu de ses expérimentations. La totalité des atrocités commises par Mengele restera à jamais inconnue, les enregistrements envoyés au Kaiser Wihelm Institut ayant été détruits par l’aviation alliée avec les deux camions qui les transportaient. Mengele part d’Auschwitz-Birkenau dans la nuit du 17 au 18 janvier 1945, lorsque le camp commence à être évacué. Il se rend au camp de Gross-Rosen, qu’il quitte bien avant sa libération par les Russes le 11 février 1945. Il est ensuite brièvement aperçu à Mauthausen, puis se cache chez l’un de ses anciens collègues à Francfort. En juin, alors qu’il s’est déguisé en soldat de la Wehrmacht, il est arrêté en Saxe par les Américains sous le nom du docteur Fritz Hollmann (ou Ulmann) et détenu dans un camp de prisonniers de guerre près de Munich. Bien que SS, Mengele n’a pas son groupe sanguin tatoué sur le bras ; ignorant sa véritable identité, les Américains le relâchent donc. Il se réfugie alors dans sa région natale, non loin de Günzburg où il garde de nombreux contacts avec sa famille et ses amis qui le tiennent informé des événements. A partir du 30 octobre 1945, il travaille comme ouvrier agricole dans l’exploitation de George Fischer, près de Rosenheim. Il y reste trois ans sans être inquiété. En août 1948, il retourne vivre à Günzburg où il s’occupe de développer la société paternelle. A toutes fins utiles, la famille Mengele achète alors la moitié de Fardo Farm KG, une entreprise argentine de construction de machines agricoles. Mais les autorités alliées commencent enfin à rechercher le médecin d’Auschwitz. Mengele quitte alors l’Allemagne en août 1949 sous le nom d’Helmut Gregor avec un passeport qui lui a été délivré par le comité international de la Croix Rouge. Passant par l’Italie, il embarque à Gênes sur un paquebot de grandes lignes, en direction de l’Argentine. Sur place, il s’insère très facilement dans l’importante communauté d’expatriés nazis, se créant rapidement un réseau d’amis dévoués qui l’aide à s’installer à Buenos Aires où il exerce un temps la médecine. En 1954, il reçoit la visite de son père Karl et divorce d’avec Irène. En 1955, la chute du général Peron le pousse à émigrer quelques mois au Paraguay. En 1956, Martha Maria Hill, la veuve de son frère Karl (décédé en 1949), le rejoint avec son fils Rolf. De retour à Buenos Aires, il prend, sous son véritable nom, la direction de l’affaire familiale. Durant plusieurs années, il mène une confortable vie de famille dans le quartier chic de la ville, Los Olivos. Il épouse Martha à Montevideo, en Uruguay, en 1958. Sentant cependant la menace d’une possible extradition à la suite de l’apparition de son nom parmi la liste des criminels de guerre nazis recherchés, il s’installe en mai 1959 à Asuncion, au Paraguay, où il ouvre un cabinet médical, et demande la nationalité paraguayenne. Celle-ci lui est octroyée par la cour suprême de justice d’Asuncion le 27 novembre 1959, grâce aux fausses garanties présentées par deux témoins, Werner Jung et Alejandro von Eckstein. Entre-temps, le 7 juin 1959, la République Fédérale d’Allemagne lance un mandat d’arrêt contre lui. Mais le gouvernement paraguayen refuse les demandes d’extradition. Les chasseurs de nazis ne demeurent cependant pas inactifs. En 1960, Mengele apprend sans doute la capture d’Adolf Eichmann à Buenos Aires par le Mossad. Se sentant menacé, il rejoint le Brésil au cours de l’été 1960. Sous le faux nom de Peter Hochbichket, introduit par Wolfgang Gehrard dont il empruntera plus tard l’identité, il devient l’administrateur de Nova Europa, la propriété du couple Stammer, près d’Araraquara, à 300 kilomètres de Sao Paulo. En 1961, il suit le couple sur leur nouvelle propriété, une fazenda de la région de Serra Negra à 150 kilomètres de Sao Paulo. C’est là que les Stammer découvre la véritable identité de leur administrateur. Mais Mengele menace et achète leur silence grâce à l’intervention de l’avocat Hans Seldmeier, qui lui sert d’agent de liaison avec sa famille en Allemagne. Peut-être apprend-t-il aussi par son intermédiaire, en 1964, que les universités de Munich et de Francfort lui retirent ses titres universitaires. En 1966, les Stammer et Mengele déménagent une nouvelle fois, s’installant pour plusieurs années dans une fazenda près de Cairiras, dans la grande banlieue de Sao Paulo. En 1975, les Stammer partent, cédant leur maison d’Eldorado Pauliste à celui qu’ils ont protégé durant 14 ans. La relève est assuré par Wolfram et Liselotte Bossert. Mengele change une nouvelle fois de nom, empruntant l’identité de Wolfgang Gehrard qui est retourné en Autriche. Il meurt noyé à Bertioga, une station balnéaire du littoral pauliste, le 7 février 1979, et est enterré, sous le nom de Wofgang Gehrard, dans la tombe n° 321 du cimetière d’Embu, à 30 kilomètres de Sao Paulo. Ce n’est qu’en février 1985, à la suite de la retransmission par les télévisions du monde entier du procès symbolique du médecin d’Auschwitz dans l’auditorium de Yad Vashem, le musée de Jérusalem dédié à la mémoire des victimes juives du nazisme, que la communauté internationale s’intéresse à nouveau à lui. Le 31 mai 1985, au cours d’une perquisition au domicile de Hans Seldmeier, la police ouest allemande saisit plusieurs documents confirmant la présence de Mengele au Brésil et sa mort en 1979. En une semaine, par l’intermédiaire des Bossert, la police brésilienne localise la tombe d’Embu. Les expertises médico-légales attestent qu’il s’agit des restes de Mengele. En 1992, des tests ADN réalisés avec l’accord de son fils Rolf certifient définitivement son identité. |
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