La seconde guerre mondiale
Les documents

 

Royaume-Uni
1939

Allocution de Winston Churchill à la radio anglaise,
le 1er octobre 1939

Depuis le 3 septembre 1939, Winston Churchill est premier Lord de l’Amirauté et membre du cabinet de guerre. Dans cette intervention radiodiffusée, il présente la situation de la guerre qui commence, alors que la Pologne vient d'être détruite. Les deux "puissances" qu'il évoque ici sont l’Allemagne, qui a envahi la Pologne le 1er septembre, et l’U.R.S.S. qui l'a imitée le 17 septembre. Churchill rend hommage à la capitale polonaise qui, bien qu'encerclée, a résisté jusqu’à l’armistice du 27 septembre.

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De nouveau la Pologne a été envahie par deux des grandes puissances qui l'ont tenue en esclavage pendant cent cinquante ans et ont été incapables de détruire l'esprit de la nation polonaise. L'héroïque défense de Varsovie montre que l'âme de la Pologne est indestructible : elle se dressera de nouveau comme ces rochers qui peuvent être quelque temps submergés par la marée, mais qui restent quand même des rochers.

La Russie a poursuivi froidement une politique dictée par l'intérêt. Nous aurions pu souhaiter que les Russes occupent leurs positions actuelles en amis et alliés de la Pologne au lieu de les occuper en envahisseurs. Mais le fait pour les armées russes de se tenir sur cette ligne est clairement nécessité par la sécurité de la Russie face à la menace nazie (1). En tout cas, la ligne est là et un front de l'est a été créé, que l'Allemagne nazie n'ose pas attaquer.

Je ne peux pas prédire quelle sera l'action de la Russie, c'est un rébus enveloppé dans un mystère, le tout à l'intérieur d'une énigme. Mais peut-être à cette énigme y a-t-il une clef ? Cette clef, c'est l'intérêt national russe. Il ne peut être conforme ni aux intérêts ni à la sécurité de la Russie de voir l'Allemagne prendre pied sur les rives de la mer Noire ou envahir les États balkaniques, ou encore placer sous son joug les peuples slaves du sud-est européen. Cela serait contraire aux intérêts vitaux, historiques de la Russie. 


Note : 

1 - Les soviétiques justifient leur intervention à l’ambassadeur polonais par la menace que constitue pour leur pays la disparition de l’État polonais. En réalité, Staline ne veut pas d’un État polonais croupion qui serait source de friction entre l’U.R.S.S. et l’Allemagne.

© Anovi - 2003