Car aux morts de 1914-1918, il faut ajouter le déficit important en hommes qui en découle et, par voie de conséquence, la baisse du taux de nuptialité. En outre, l'effondrement du nombre des naissances, consécutif à l'éloignement des hommes de leur foyer pendant la guerre, n'a pas été comblé par la timide reprise des années 1919-20. Depuis cette date, les Français restent peu dynamiques. Les familles se restreignent souvent à un enfant unique. Avec la crise économique, la situation ne fait qu'empirer. Les difficultés financières des ménages n'incitent pas à la procréation... Dans le domaine économique, le déficit démographique français a en partie été comblé par l'arrivée en nombre d'immigrants, venus principalement d'Italie et d'Espagne (surtout dans les régions agricoles du sud), mais aussi de Belgique (dans les régions agricoles du nord) et de Pologne (dans les régions industrielles et minières du nord). C'est donc dans le domaine militaire que la situation devient critique. Les classes de mobilisation se font de moins en moins nombreuses, surtout depuis les lois de réduction du temps de service militaire actif (1928). En 1937, ce sont les enfants nés en 1917 qui sont sous l'uniforme... autant dire que ce contingent est peu nombreux. Il faudra attendre celui de 1939 pour retrouver un effectif décent. Mais ce sera trop tard. Dans le même temps l'Allemagne nazie, élargie à l'Autriche et aux provinces germanophones de Tchécoslovaquie, a rétabli le service militaire et dispose d'une armée impressionnante. Mais la crise des effectifs (et, par voie de conséquence, celle des "classes creuses") est-elle directement à l'origine de la défaite de mai-juin 1940 ? Il est permis d'en douter. L'effondrement militaire français a d'autres causes, beaucoup plus complexes. Les documents que nous présentons dans ce dossier témoignent de la préoccupation des autorités françaises, face à la faiblesse de la natalité. Ils sont extraits d'un petit livre intitulé La Natalité française et publié en 1934. Voulant à leur façon inciter les Français à faire plus d'enfants, ils sont empreints d'une certaine naïveté que l'observateur contemporain ne manquera pas de relever. Chacune de ces publicités vise à convaincre la femme française des bienfaits matériels de la maternité. Grâce aux produits dont on vante ici les mérite, celle-ci peut enfin allier confort, modernité, insouciance et facilité. Munie d'un biberon Pyrex et d'une tétine Alpha performante, la jeune maman pourra régaler son bébé avec phosphatine ou blédine, tout en buvant une bonne bière sans alcool Fanta. Sûre d'elle grâce à son assurance souscrite à "La Maternelle Française", elle pourra ensuite acheter chez Choiseau de la layette Alvéola aussi solide qu'élégante... |
© Anovi - 2003