La seconde guerre mondiale
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Vatican
1937

L'encyclique "Mit brennender Sorge"

Face à la montée des totalitarismes, le pape Pie XI adopte des positions très claires et très fermes. Le 14 mars 1937, dans son encyclique intitulée "Mit brennender Sorge", retranscrite ci-dessous, il met en garde les évêques allemands contre les dangers du national-socialisme. L'idéologie hitlérienne est inconciliable avec le catholicisme. Raciste et néo-païenne, elle en contredit tous les principes fondamentaux. La tentative hitlérienne de créer une nouvelle religion, mélange de paganisme et de christianisme, baptisée "Christianisme Allemand", est ici fermement rejetée. Cette encyclique a été rédigée et publiée en allemand. 

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Prenez garde, Vénérables Frères, qu'avant toute autre chose la foi en Dieu, premier et irremplaçable fondement de toute religion, soit conservée en Allemagne, pure et sans falsification. Ne croit pas en Dieu celui qui se contente de faire usage du mot Dieu dans ses discours, mais celui-là seulement qui à ce mot sacré unit le vrai et digne concept de la Divinité. 

Quiconque, suivant une prétendue conception des anciens Germains d'avant le Christ, met le sombre et impersonnel destin à la place du Dieu qui "fortement et suavement agit d'une extrémité du monde à l'autre" (Sagesse, VII, 1) et conduit toutes choses à une bonne fin : celui-là  ne peut pas prétendre à être mis  au nombre de ceux qui croient en Dieu. 

Quiconque prend la race, ou le peuple, ou l'État, ou la forme de l'État, ou les dépositaires du pouvoir, ou toute autre valeur fondamentale de la communauté humaine (toutes choses qui tiennent dans l'ordre terrestre une place nécessaire et honorable), quiconque prend ces notions pour les retirer de cette échelle de valeurs, même religieuses, et les divinise par un culte idolâtrique, celui-là renverse et fausse l'ordre des choses créé et ordonné par Dieu : celui-là est loin de la vraie foi en Dieu et d'une conception de la vie répondant à cette foi. 

Prenez garde, Vénérables Frères, à l'abus croissant, dans la parole comme dans les écrits, qui consiste à employer le nom de Dieu trois fois saint comme étiquette vide de sens que l'on place sur n'importe quelle création, plus ou moins arbitraire, de la spéculation et du désir humain. Agissez sur vos fidèles, afin qu'ils soient attentifs à opposer à une telle aberration le refus qu'elle mérite. Notre Dieu est le Dieu personnel, surnaturel, tout-puissant, infiniment parfait, unique dans la trinité des personnes, et tripersonnel dans l'unité de l'essence divine, le Créateur de tout ce qui existe, le Seigneur et Roi et l'ultime consommateur de l'histoire du monde qui n'admet et ne peut admettre à côté de lui aucun autre Dieu.

Ce Dieu a, en souverain Maître, donné ses commandements. Ils valent indépendamment du temps et de l'espace, du pays et de la race. De même que le soleil de Dieu luit sur tout visage humain, de même sa loi ne connaît ni privilège ni exception. Gouvernants et gouvernés, couronnés et non couronnés, grands et humbles, riches et pauvres sont également soumis à sa parole. De la totalité de ses droits de Créateur découle naturellement la totalité de son droit à être obéi par les individus et par les communautés de toute espèce. Cette obéissance exigée embrasse toutes les branches de l'activité dans lesquelles des questions morales réclament la mise en accord avec la loi de Dieu, et par conséquent l'intégration de la changeante loi humaine dans l'ensemble de l'immuable loi divine. 

Seuls des esprits superficiels peuvent tomber dans l'erreur qui consiste à parler d'un Dieu national, d'une religion nationale ; seuls ils peuvent entreprendre la vaine tentative d'emprisonner Dieu, le Créateur de l'univers, le Roi et le Législateur de tous les peuples, devant la grandeur duquel les nations sont "comme une goutte d'eau suspendue à un seau" (Is., XL, 15) dans les frontières d'un seul peuple, dans l'étroitesse de la communauté de sang d'une seule race. 

Les évêques de l'Église du Christ, établis "pour ce qui se rapporte à Dieu" (Hébr., V, 1), doivent  veiller à ce que de pernicieuses erreurs de cette sorte, que des pratiques encore plus pernicieuses ont coutume de suivre, ne prennent pas pied parmi les fidèles. Il appartient à la sainteté de leur charge de tout faire, autant qu'il dépend d'eux, pour que les commandements de Dieu soient considérés et observés, comme étant le fondement obligatoire de toute vie privée et publique moralement ordonnée ; pour que les droits de la Majesté divine, le nom et la parole de Dieu ne soient pas profanés (Tite, II, 5).

PIE XI, MIT BRENNENDER SORGE
14 mars 1937

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