Dans cet appel en faveur du Secours National, le maréchal Pétain revient une nouvelle fois sur les malheurs de le France et des Français. Ce thème est récurrent dans ses discours. Parce qu'il s'agit d'une réalité, tout d'abord : avec la défaite, l'occupation, l'exploitation des ressources nationales par les Allemands et la désorganisation de l'économie, la pénurie est là et les Français sont démunis de nombreux biens de consommation de première nécessité. Mais il s'agit également d'un effet de propagande : Pétain et son gouvernement se posent en soutiens d'un peuple qui souffre et auquel on ne manque jamais de rappeler ses malheurs. Faire appel à la générosité nationale, c'est également rappeler que l'on en est l'initiateur... Français, L’hiver commence, il sera rude. Rude pour les prisonniers de guerre. Rude aussi pour tant de populations civiles évacuées, éprouvées par la guerre et ses suites. Notre cœur se serre à la pensée des souffrance dont les uns et les autres sont menacés. Mais il ne s’agit pas de les plaindre. Il faut les aider et les défendre contre les rigueurs du froid. Faites donc vite (et largement) tout ce que nous vous demandons pour eux. Vous réunirez couvertures, chaussures, linge, sous-vêtements, chandails, chaussettes, en un mot tous les effets, même les plus usagés. Vous les remettrez aux équipes de jeunes gens qui passeront à cet effet devant vos demeures. On attend votre don, l'hiver, lui, n'attend pas. Le Service des prisonniers de guerre aidé par le Comité National d'Assistance et la Croix-Rouge Française acheminera, en accord avec les autorités allemandes, les vêtements destinés aux camps de France et d'Allemagne. Le Secours National aura la large part que réclament les réfugiés, les chômeurs, les indigents. Agissez rapidement. Il faut qu'avant la fin de novembre tous les Français soient à l'abri. Il faut que nos fils en captivité puissent éprouver l'affection de la nation tout entière et la sollicitude collective qui veille sur eux. Il faut que ceux qui n'ont pu encore regagner leur foyer ou souffrent près d'un foyer détruit, ceux aussi que la guerre a privés de toutes leurs ressources, sentent également le souffle de solidarité et d'entr'aide qui doit, au cours des mois à venir, assurer la santé et la vie de centaines de milliers de Français et de Françaises. |
© Anovi - 2004